En attendant Louise…(1)

Louise est en vacances pendant quelques semaines encore, elle ne m’a pas dit quand elle allait revenir. En attendant, je vous confie au meilleur pote de « Moz »… J’aime bien ce garçon : il est un peu naïf, c’est un sentimental, il parle en disant « je », du coup, je ne sais pas encore comment il s’appelle…

(sinon, à cause du futur MOOC, qui va me prendre un temps dingue, c’est sûr, au vu de mes capacités techniques générales-qui ne sont plus à démontrer- il risque d’y avoir du mou dans la corde à noeuds concernant le rythme des parutions dans les semaines à venir : ça vous laissera le temps de souffler. )

 

PIZOD 1

Je m’étais mis à l’abri du soleil en me créant un coin d’ombre. J’avais tendu une bâche à partir de l’aile et coincé, à l’oblique, l’autre l’extrémité de la bâche en balançant des pelletées de sable. Il devait faire 50 là-dessous et il fallait une sacrée imagination pour avoir l’impression d’y être à l’ombre.

Mais j’avais une sacrée imagination.

 

Il me restait quelques litres d’eau, une ration de nourriture de survie et un paquet de cigarettes. C’était peut-être le moment d’arrêter de fumer.gauloise reta
Je comptais, quand le soleil serait moins haut, farfouiller un peu dans le moteur histoire de me donner bonne conscience. Pour l’instant, il fallait juste ne pas cuire trop et ne pas mourir d’insolation.
Il n’y avait strictement rien dans ce coin de désert. Pas de boa, pas de mouton et encore moins de magasin de pièces détachées, même d’occasion, même trafiquées ou défaillantes.

L’horizon je pouvais le mater jusqu’à m’en faire imploser les rétines, y avait rien à voir et rien qui surgissait.
« Pod’zob ! »  comme aurait dit Moz.
(Moz est mon meilleur pote, mais je vous en parlerai plus tard.)

aeropostale_episode1

Ça faisait facilement une heure que je mijotais sous mon abri, quand j’ai entendu un drôle de sifflement, assez aigu, mais qui allait en s’amplifiant. Je suis sorti de l’abri, et en levant la tête, j’ai vu un point dans le ciel qui semblait grossir au fur et à mesure et qui fondait sur moi en piqué. Avant que je puisse vraiment réfléchir à l’éventualité d’une chute de satellite, d’un largage de missile voire d’une livraison de l’Aéropostale, le truc s’est abattu à trente mètres de moi avec un bruit terrible mais mou.
Spppppplllllllaouuuuuuuuaaaaaaatch tok.

 

Ça a soulevé un nuage de poussière et quand la poussière mêlée de sable a commencé à retomber, je suis sorti de mon ahurissement. J’ai commencé à marcher en titubant. J’avais les guibolles molles et la bouche vachement sèche.
Je me suis approché de l’espèce de cratère de sable formé par la chute du truc.
Arrivé au bord, j’ai eu l’impression que mon cœur venait de me remonter dans la bouche, parce que y avait, dans le fond du trou, le truc…qui bougeait…

(à suivre)