Louise II le retour ( 5)

aubusson

Les plus perspicaces d’entre vous auront remarqué que le rythme de parution n’est pas le plus effréné qui soit… mais je vous rappelle que Louise a dû prendre une carriole attelée pour aller de La Souterraine à Aubusson, et ça, ça prend du temps !
Ce qu’il faut savoir aussi, c’est qu’au moment où je commence à rédiger, je n’ai pas la MOINDRE idée de ce que je vais raconter : je me presse l’encéphale en direct sur le site, sans brouillon, ni même de vague idée préconçue. Et ça, ça fout les pétoches, hein, comme un grand saut dans le vide, sans élastique ni parachute, juste en agitant les bras, très, mais alors très très vite pour ralentir la chute. Je voudrais vous y voir : Louise, elle est au moins à 2000 km de la Berzégovie, si ça se trouve à l’heure qu’il est le Monte-Alto est rayé de la carte, (gasp), comment je peux me sortir de cette situation ?

«  Christine F. est à la littérature, ce que l’homme de Pittdown est à la paléoanthropologie : un chaînon manquant »  Yves Coppens

Episode 5 :

Louise venait d’arriver à Aubusson. Pendant le trajet en carriole attelée, elle avait largement eu le temps de prendre connaissance du contenu de l’enveloppe que le contrôleur du train lui avait refilée, et même de le consulter 224352 fois tant le voyage avait été longuet. L’enveloppe contenait trois documents : un carton d’invitation, une note manuscrite qui tenait du brouillon, et un extrait de carte topologique IGN.

Descendant de la carriole, Louise se livra à quelques exercices gymniques à base de rondades et de déboulés jetés, ce qui ne manqua pas d’étonner les autochtones : on voyait rarement quelqu’un exécuter de tels mouvements sur le parapet du pont de la Terrade, d’autant moins en talons hauts et en mini-jupe à traine verte. (pour ceuzécelles qui auraient oublié, vous avez ici un lien vestimentaire). Ayant récupéré ses sacs en plastique, elle remercia vivement le meneur d’ânes et s’engouffra dans l’Auberge de .la Grande Passe et des Voyageurs réunis.

Elle s’affala littéralement sur une des banquettes  et commanda un café. Alternant clopes et aspirines, Louise ressortit l’enveloppe et en extirpa le carton d’invitation, il s’agissait d’une invitation au Consulat de Berzégovie, qui, je vous le donne en mille, se situe précisément à Aubusson, en date d’ Hemeshon de Gülde Esperluette (si vous avez un trou de mémoire vous pouvez aller réviser votre calendrier )
Le carton était rédigé en berzégovien gothique sous-traduit en creusois courant :
Notez, pour votre gouverne, que le berzégovien ne diffère du monte-alti que par l’absence de signe mou, à l’accusatif neutre, ce qui rendit donc la lecture particulièrement aisée. En revanche, Louise eut plus de mal avec la version creusoise, car elle ne parlait pas encore bien l’idiome.

invitation

Louise s’abîmait les yeux en s’abîmant dans l’observation des minuscules caractères.

« bon sang !  Hémeshon, mais…c’est ce soir !  »

A suivre