En attendant Louise (5)

Christine : 5           Smartphone : 192 !
J’ai réussi à connecter mon engin à la WIFI et à importer mes photos et videos sur mon ordi. Echec en revanche sur l’échange via Bluetooth. Demain, j’vais tenter d’aller sur le web avec le bidule (ma vie est palpitante). Au rythme où ça va, si ça se trouve, j’vais pouvoir ouvrir un magasin d’informatique. (euh,pas sûr…)

résumé : Dominique, qui est un ange déchu, est venue acheter une fourche bêche. Simon, qui est un aviateur, a du mal à comprendre si la fontaine à champagne a vraiment existé.

« Je plaisante, a-t-elle précisé. En fait, comme machine, il n’y a que la fontaine à café. Quand je suis arrivée sur l’astéroïde, il n’y avait rien qu’un gros fouillis. Il a tout fallu que je trie, que j’élabore un système de classement, que je range, que je trimballe tout ce dont je ne voulais pas dans un coin où je ne vais plus très souvent maintenant. Tu sais, ce n’est pas une très grande planète, c’est plutôt un gros caillou rond. Il y a un petit torrent qui ne se jette jamais dans aucune mer, une montagne, des nuages immobiles, un bois où poussent les arbres dont j’ai besoin, une mare avec de toutes petites grenouilles. »
Il y avait une drôle de petite fêlure dans sa voix et j’ai craint qu’elle ne se mette à pleurer. Elle s’est levée, elle est sortie de l’abri et j’ai cru voir une de ses ailes palpiter.
Le soleil était déjà bas quand j’ai eu le courage d’affronter la fournaise. Il fallait quand même que je tente une réparation, que je sorte de cette histoire bizarre et que les choses reprennent un cours normal.

mollo molette

clic pour lire !

Elle n’était pas là, mais j’ai tout de suite vu une feuille de son carnet coincé sous une clef à molette.
Ben voyons. J’ai regardé : à 360 degrés, un horizon de sable. Du sable, des cailloux, du sable. Elle avait dû faire une super promenade.

 
aero rouge bleu

J’ai tripatouillé ma radio, ça a fait scriitch scriiiithch chhhhhhhhhhhhhh, puis plus rien. J’ai raflé ma clé à molette, une pince coupante et je me suis collé le nez dans le moteur.
Du coup je ne l’ai pas vue revenir. Ça faisait une heure que j’essayais de coincer trois millimètres de câble dans une cosse. La sueur me dégoulinait dans les yeux, j’en avais plein les endosses. En plus, je n’étais même pas sûr que le câble, en imaginant qu’un jour j’arrive à le coincer, tiendrait le coup en tension.
« T’as plein de cambouis sur la figure ! » Elle se tenait au pied de l’avion, juste derrière moi. J’ai fait celui qui continuait à réparer son avion.
«  En tout cas, moi, j’en ai plein les bottes! » a-t-elle ajouté.
« J’ai pris du bois, parce que la nuit, ici, si tu veux mon avis, ça doit pas être torride… ça m’embêterait que tu meures de froid ».
L’information a mis trois secondes à me pénétrer le cortex. J’ai failli dégringoler de mon perchoir. Je me suis planté devant elle :
« T’as pris du bois ? du BOIS ? Mais où t’as trouvé du BOIS ?
– je l’ai acheté. Et comme je sais que tu vas me poser la question, j’y réponds, je l’ai acheté à un type qui passait.
– un type qui PASSAIT ?? mais qui passait où ? bordel, merde, un type qui passait OÙ ?…
– Ben par là, quoi… (elle a agité la main, en indiquant une direction vague). T’énerve pas comme ça, y a pas de raison de devenir semi-hystérique parce que j’ai acheté un fagot à un passant !
– Mais Dominique… regarde ! Tu vois des passants, toi, là ? Tu trouves que c’est un endroit pour passer ? Tiens, moi, par exemple, tu crois que si je devais passer quelque part, je choisirais ce coin de désert ?
– Toi peut-être pas, a-t-elle concédé, mais mon passant, oui.
– Et tu l’as payé avec quoi ?
– En fait, il m’a fait crédit… mais j’ai promis de le rembourser rapidement. »
J’ai levé les yeux au ciel, cette fille allait me rendre dingue.
«  Et t’as même pas pensé à lui demander d’avertir les secours ???
– Mais si, mais si…. Déchu, ça veut pas dire Débile, hein, quand même. Bien sûr que je lui ai demandé d’avertir les secours. Mais d’après ce que j’ai compris ça risque d’être un peu long… faudra être patient. Et d’après ce que je vois, c’est pas gagné. T’es quand même sacrément irritable, hein, comme type. »
Elle a ramassé son fagot et m’a tourné le dos. Je l’ai quand même entendue murmurer entre ses dents  : « Jamais contents. Ils sont jamais contents. Je te jure, hein, faut vraiment avoir une patience d’ange ! »

(à suivre)

5 commentaires

  1. sylviedenogent · avril 21, 2016

    Es-tu sûre que ton ordinateur fait Bluetooth ?

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    • l'excédée · avril 21, 2016

      Ouaip il fait dentbleue ! faut que je me plonge dans le manuel utilisateur. Les deux appareils semblent se reconnaître, mais après, s’passe rien…

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  2. Electron Libre · avril 21, 2016

    Tu fais une collec de plaques émaillées avec thème aviation ?

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  3. l'excédée · avril 22, 2016

    Nan madame, nan madame, je choisis mes illustrations, en fonction de mon héros ! tssss, qu’est-ce qui faut pas entendre !

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