Last but not least ! (17)

« Ses formules me laissent sur l’flanc  » (Michel Audiard)

Mission accomplie ! J’plie les gaules pour quelques jours. Mais ce n’est qu’un au revoir, hein… Faut que je gambade sur les chemins creux, que je gamberge en pédalant, que je gambille sur le gonfleur du canoë. Allez, une semaine pas plus… Soyez sage !

Et puis, pour ceux zécelles qui l’ont ratée, y a la video (sans accent) !

résumé : Louise se prend pour Lara Croft.

Dominique eut un peu plus de mal que Louise pour accéder à la fenêtre. Il escalada en s’aidant d’une glycine, se rafla plusieurs fois le nez, faillit dégouliner jusqu’au bas du mur une ou deux fois, mais réussit finalement à prendre pied sur le palier où Louise l’attendait patiemment.
«  On n’a pas de roi pour prendre les emblèmes, fit remarquer Dominique, toujours un peu pointilleux sur les usages.
– Y a urgence et c’est un cas de force majeure, répliqua Louise en levant le sien. Et puis on agit par procuration. Verduret nous a chargé de récupérer le Nicéphore…
– Le Nicéphore, peut-être, mais il n’a rien dit au sujet du Balbov !
– Il aura oublié, argua Louise , ah, qu’est-ce que vous dites de ça ? »

Dominique effectivement ne répliqua rien, sentant bien qu’il n’obtiendrait pas gain de cause, il se contenta de soupirer en suivant Louise dans le couloir.
«  Qu’est-ce qu’on fait s’il y a des gardes ? chuchota Dominique.
– Ne soyez pas défaitiste, tout va bien se passer. » répondit Louise en trébuchant sur un garde assoupi.
Le garde ouvrant la bouche pour donner l’alarme, Louise en profita pour lui enfoncer une pomme dans le gosier. (Car Louise avait toujours des pommes à portée de main, on ne sait jamais.)
«  Red Delicious ? s’enquit Dominique.
– Golden ! rétorqua Louise . Ligotez le garde ! »

porte diurne

 

Continuant leur progression, ils arrivèrent enfin à la porte de la chambre royale. Il y avait un grand écriteau cloué dessus : « chambre royale », comme ça, on ne pouvait pas se tromper. Sous le grand écriteau, il y en avait un plus petit où il était écrit «  ne pas déranger ».
Collant son oreille à la porte, Louise constata que seul un ronflement troublait le silence de la chambre royale.

 

«  Bon, ça va, il dort, mais pour plus de sécurité, je pense qu’il faudrait l’assommer…
– L’assommer ! ? s’exclama Dominique, outré et au bord de la panique. Mais vous n’y pensez pas, c’est un roi !
– Oui, je comprends… on n’assomme pas un roi, non… vous avez raison. Décapitons-le ! »
Dominique pâlissant et semblant au bord de l’évanouissement, Louise reprit :
« Mais, non, rha, je blague ! On va juste l’assommer un petit peu !  Tenez, avec cette masse d’arme, là, qui pendouille au mur, il ne sentira rien du tout ! »
Louise s’empara de l’arme, ouvrit la porte, rentra. Dominique, figé sur le pas de la porte attendait.

medievalmonte

Fig.3 Soldat en arme   Musée du Costume

Il entendit un « sprougne » suivit d’un « toc », lui même suivi d’un tout petit « aïe ».
«  C’est bon, vous pouvez entrer, il ne va pas nous déranger, cherchez les emblèmes pendant que je le surveille. »
Dominique ne fut pas long à trouver. Il rangea les emblèmes dans le sac en tissu. Ils ouvrirent la fenêtre de la chambre royale. Dominique jeta le sac puis entreprit de rejoindre le sol en se servant de la gouttière. Louise qui avait vu « Tigres et dragons » trois fois, se mit à courir sur le mur en rebondissant gracieusement.
Dominique récupéra le sac. Les quatre emblèmes royaux s’y trouvaient.
Ils marchèrent en silence jusqu’à l’hôtel de Louise.
« Qu’allez-vous en faire maintenant ? demanda Louise.
– Je vais les donner à Verduret. Je suppose qu’on organisera un nouveau tirage de la Grande Urne. Et vous Louise qu’allez-vous faire ?
– Fumer une clope ou deux, prendre deux aspirines, boire un café, rentrer à la maison et faire de l’aquarelle (1)… »

le contre jour2

 

Le rapide de 10 h 12 (heure locale) préchauffait à la voie 2. La grosse horloge de la gare de Monte Alto indiquait 10 h 08. Louise glissa trois pièces dans le distributeur. Elle obtint un billet de train et un petit paquet de pastilles à l’anis, les mêmes que celles à la menthe mais à l’anis. Elle déchiqueta l’extrémité du paquet et distribua une pastille à chacun de ses compagnons. Ils avaient, tous les trois, tenu à l’accompagner à la gare. Le Blépaphore, le Verduret et Dominique suçotaient leur pastille d’un air maussade, ils étaient plutôt silencieux.
Louise grimpa dans son wagon. Enfin, plus exactement, elle grimpa dans LE wagon. Elle était sobrement vêtue de sa grenouillère prune à bretelles et d’un maillot des Warriors de San Francisco. Blépaphore avait insisté pour qu’elle conservât la cape orange qu’il lui avait offerte, Verduret lui avait donné sa couronne en or incrustée de rubis, quant à Dominique, il lui remit un panier pique-nique contenant deux parts de Proutch et une bouteille de Gutha.
Le train démarra. Il ne fut bientôt qu’un tout petit point à l’horizon.

Mais, longtemps, les Dominique agitèrent leurs mouchoirs sur le quai de la gare.
FIN

(1) Vous ai-je déjà dit que Louise et moi, nous nous livrions à l’aquarelle à nos heures ?

8 commentaires

  1. moocreflexion · avril 5, 2016

    « C’est curieux ces habitudes d’auteur qui terminent toujours leur histoire sur un quai de gare avec des adieux pas drôles » (Michel Audiard)
    Perso, j’adore votre aquarelle. Une très belle captation des lumières, belle traduction des reflets et du mouvement. Je vais me sècher les orteils… ainsi que les yeux.
    Pourait-on avoir une exposition numérique à ton retour ? Un vernissage sur blog, du jamais vu !

    Aimé par 1 personne

  2. l'excédée · avril 5, 2016

    Je n’en ai plus beaucoup sous la main, des aquarelles… j’en ai vendu et oups, trop tard, je ne les ai pas photographiées… Il doit me rester une dizaines de photos… j’ai retrouvé cet aprem un dossier qui en contient quatre (sanglots)

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    • moocreflexion · avril 5, 2016

      C’est déjà ça !
      Et si chaque invité au vernissage apportait une création (pas forcément aquarelle) ?

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  3. patou45 · avril 10, 2016

    Sans rapport avec l’histoire, à l’attention de « la miss » qui tient ce « blog pas au point », tu ne pourrais pas chercher la petite case à cocher pour qu’on soit informé que tu fais de nouvelles bafouilles, parce que là j’ai beaucoup de retard en lecture…Tu vas perdre des lecteurs parce que l’on est pas informé de tes actualités.

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    • Electron Libre · avril 11, 2016

      Voir commentaire sur l’article « les trucs mystérieux »

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  4. l'excédée · avril 11, 2016

    ah c’est bizarre ça ! je croyais que les abonnés recevaient un avis par mail…. hurg ! l’est où cette case ?
    Bon, je vais me lancer dans la recherche !

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  5. patou45 · avril 11, 2016

    Alors c’est peut être moi qui n’étais pas au point. Je suis retournée sur ton menu, et j’ai cliqué sur l’abonnement (je pensais l’avoir fait) mais là je vois bien en bas à droite « abonné » et j’ai reçu le mail de confirmation. Avec les autres blogs je n’ai pas eu ce soucis. Donc ne cherche plus, à bientôt pour de nouvelles aventures.

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  6. l'excédée · avril 11, 2016

    Un jour ce blog sera « à point ! »… un jour, quoi… merci de vos acharnements pédagogiques !

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