Pour toujours, Seigneur ? (12)

« Elle a un caractère de chien chinois » ( John Fante)

Cet épisode contient quatre mots choisis par Isabelle B, insérés dans le texte.
Toi aussi joue avec Isabelle B. et trouve les quatre mots-défi.

Résumé : Cette histoire est de plus en plus confuse, les rebondissements peu crédibles, quant à l’intrigue, elle est totalement improbable. La prochaine fois (même si je doute qu’il y ait une prochaine fois…) je ferai un plan.(aujourd’hui je prends de BONNES résolutions pour devenir un écrivain célèbre et adulé).

Dominique arriva en courant. Louise nota que deux nouveaux sparadraps enveloppaient les doigts du courageux bricoleur de portes explosées.
Au vestiaire, Louise déposa sa cape. Seulement vêtue de son boléro de Ravel et de son short-short, chaussée de ses cuissardes vernies, elle arpenta la travée à la recherche de sa place.
Elle fit un grand signe à Dominique  parti acheter un paquet de Cramoulitchi au snourt (ce sont des espèces de caramels fourrés au yaourt de chèvre et c’est très bon).
Apercevant Louise, Dominique vira à l’infra-rouge.
«  On a les places 13 et 13 bis, rigola Louise. C’est bien, ça porte bonheur ! »
La salle des Ris et Loisirs pouvaient contenir cinq cent vingt-quatre spectateurs (assis) et douze (debout). Il y était interdit de cracher, et l’on devait présenter son billet au contrôleur.
Les sièges étaient recouverts de velours filirose. Comme il se doit, les dorures étaient dorées, les boiseries en bois. Bref, c’était une belle salle pour y écouter de la musique.
Juste derrière Louise, s’était installée une charmante quinquagénaire monte-altiste. Elle portait une espèce de manteau rouge, qu’elle enleva avec force de grognements. Sous le manteau, la dame portait une espèce de gilet mauve. Puis la dame sortit de son cabas, un chat passé jusque-là inaperçu. Le chat répondait au nom de Traflagra. (En fait, le chat ne répondait pas vraiment quand on l’appelait, sauf si on s’approchait du frigo.)

[Rappelons, pour mémoire, que Dominique Traflagra fut le premier et dernier grammairien du Monte-Alto. C’est lui qui a introduit les signes mous, durs, mouillés et allitérés dans la langue orale. Une statue est érigée sur la place qui porte son nom, en souvenir et remerciement de son œuvre magistrale.]

place traflagra

Place Dominique Traflagra

Le chat portait lui aussi un petit gilet, mais à col claudine (*) bleu turquoise. Enfin, la dame posa son parapluie en équilibre sur la place laissée libre à côté d’elle. Le parapluie ayant évidemment glissé et chu, la dame commença à gigoter de partout pour récupérer son bien qui avait bizarrement disparu. Tout en cherchant son parapluie disparu, la dame entretenait son voisin sur la direction du chef Tchim-Ouang-Soun, de radio Monte-Alto, qui avait enregistré la 128 ème sonate pour harpe et tromblon de Louis-Weber Stroung. La dame, toujours à la recherche de son parapluie, fit alors tomber son trousseau de clefs de la poche de son manteau. Elle se mit par conséquent à tâter des deux mains pour retrouver ses attributs chéris. Cela faisait un barouf du tonnerre étant donné qu’elle avait mis à contribution l’ensemble des occupants de sa rangée qui avaient tous, du coup, la tête entre les genoux, et les mains tâtonnantes sous les sièges.

Enfin, le silence se fit. Les instrumentistes prirent place. On eut un peu de mal à caser les 342 musiciens de l’orchestre polyphilharmonique sur la petite estrade, mais enfin, si le tromboniste ne trombonait pas trop, si l’altiste ne filait pas trop de coups de coude au second violon, on y arriverait quand même.
La dame au gilet mauve en profita pour tousser et cela fit dégringoler le percussionniste, qui remonta sur l’estrade en râlant.

Le chef d’orchestre, Julius Van den Alt gr, fit alors son entrée, suivi d’une contrebasse. Le chef, tocotoca son pupitre, tout le monde se figea. Même la contrebasse s’immobilisa et cessa d’osciller dangereusement.
Les premières mesures s’élevèrent, et le public se mit alors à frapper des mains en cadence.

concert

Jacqueline et son chat Traflagra (avec parapluie)

Louise ne battait pas des mains, elle se concentrait sur la contrebasse. Toutes les trois mesures, une main fusait pour faire résonner un mi ou un sol puis retournait se cacher derrière l’instrument. Le concert dura une quarantaine de minutes.

Louise retrouva Dominique dans le hall.
« Je n’ai pas vu qui était à la contrebasse, avoua Dominique, et vous ?
– C’était Dominique RDM Le Verduret, il nous a même envoyé un message codé ! répondit Louise en haussant les épaules.
– Un message codé ? s’étonna Dominique.
– Ouaip, les sol et les mi, vous savez ? ça faisait un message en morse.
– Mais, Louise ! il disait quoi ce message ?
– Ah oui…Il disait « très joli ton boléro, Louise ».
– C’est tout ? s’étrangla Dominique.
– Non, attendez , il disait aussi « je suis retenu prisonnier par Diurne dans les geôles du palais, on m’oblige à jouer de la contrebasse, alors que moi, je veux jouer de l’hélicon, ponponponpon » mais je suis pas très sure du nombre de « pon ».. ah oui, il rajoutait : « eh, les copains, venez me délivrer ! ».
– Délivrer Dominique RDM Le Verduret, s’il est dans les geôles du palais de Diurne, ça ne va pas être simple, soupira Dominique.
– Attendons l’épisode suivant, d’ici là nous aurons peut-être une idée ! suggéra Louise.
– Oui, c’est un conseil à suivre. … »

(à suivre)

(* Claudine est un prénom, si on l’utilise substantivement, il prend une majuscule, adjectivement, non!)solution

8 commentaires

  1. izabelleb · mars 23, 2016

    Bravo! T’es comme moi le substantivement, pas facile. Du coup, dans le « bon sens »… J’suis la seule à ta suivre ????

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    • Colette Sannié · mars 23, 2016

      Non izablebl, je suis aussi la chronique monte-altine charybdéscyllaesque : chaque épisode est une agréable et subversive récrée 😉

      Aimé par 1 personne

  2. l'excédée · mars 23, 2016

    Normalement, il existe des lecteurs et des commentateurs, en fait, je ne sais pas qui suit quoi, je vois juste les commentaires (c’est déjà pas mal !) et parfois un mail (que je stocke dans un dossier pour !)
    S’il n’y avait pas les commentaires, j’aurais raccroché les gants depuis longtemps

    Aimé par 1 personne

  3. Colette Sannié · mars 23, 2016

    perso, je dévore TOUT, quitte à passer un peu de temps à suivre les fils très décousus de ce joyeux fatras !
    je ne laisse pas toujours de commentaires (je sais, c’est pô bien) mais je suis fan ! 😀
    tu as déjà annoncé la fin de la saison 1 pour bientôt, à cause une histoire de vacances ou tu ne ferais pas tes cahiers idoines (j’adore ce mot : ça fait exotique !) mais j’espère fort qu’il y aura une saison 2, 3, …, et 21327 🙂

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  4. l'excédée · mars 23, 2016

    Bon d’accord ! je me demandais si … mais je vais pas vous laisser, les effets du sevrage risquent d’être terribles (de part et d’autre, d’ailleurs ).
    Y aura donc un autre feuilleton en attendant que Louise se requinque.

    Aimé par 1 personne

    • izabelleb · mars 24, 2016

      chouette! trop bien

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    • izabelleb · mars 24, 2016

      euh… elle n’est pas malade, là! Tu nous dévoiles la fin de la saison en avance, non? … histoire de nous faire guetter THE post. Waouh, comme à la télé

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  5. l'excédée · mars 24, 2016

    nan mais tu crois que c’est de tout repos des aventures pareilles ? J’en ferais un quart, il me faudrait six mois de repos après… rire. Non je dévoile rien, dans une dizaines de jours, voire quinze tu SAURAS !

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