Des perles aux cochons (11)

 » Christine F est à la littérature ce que Jules Cesar est à la Guerre des Gaules » ( A. de Tocqueville)

1.Dans une quinzaine de jours, je pars en vacances.(oui, encore !)
2.Je n’emmène pas mon ordinateur dans le sac à dos, cette fois.
Donc,il reste à peine dix épisodes à cette histoire.
Tenez bon !
Après ? Ben… y aura une autre histoire (peut-être).

Résumé : Louise a mangé du Proutch, elle a trouvé ça bon : ça prouve que tous les goûts sont dans la nature.

Louise attendait. Il faisait plutôt frisquet. Elle avait revêtu un bermuda rouge en vison polyamide, de grosses chaussettes en tricot irlandais, un pull jacquard à l’effigie de Karl Marx et de jolis après-skis lacés. Dominique devait passer la prendre pour l’emmener à la Passation Diurne. Ils avaient rendez-vous à 7 heures.  Louise donc attendait, alternant une aspirine toutes les trois clopes. Sept heures glonguèrement lentement au clocher de Sainte Biaffine.
Comme il était sept heures et que Dominique était un type ponctuel, il arriva. (à sept heures, donc)… (donc, comme prévu).
Il agrippa Louise par l’aileron, et ils filèrent à vive allure vers le château de Diurne.
Dieu merci, c’était pas loin. Douze gardes la montaient. (Si je dis douze gardes montaient la garde, ça fait répétition).
Dominique et Louise franchirent le seuil, traversèrent le hall, et se retrouvèrent dans une salle de la taille d’une demi-cathédrale, en moins gai. La salle était pleine et brouhahatait comme la veille dans le palais de Blépaphore.  Les trompettes dièserent, on se tut. Un nain vert fit son apparition, il récita un petit blabla, Blépaphore fit son entrée et se mit derechef à trôner. Le nain vert pirouetta et annonça :

“  Diurne va maintenant présenter
Le Balbov son bel emblème
Ça ne sera pas un problème
Il n’est pas là pour plaisanter ”

Diurne apparut comme prévu, il portait une espèce de combinaison moulante et argentée,  des poulaines vert émeraude à bouts recourbés, ainsi qu’un charmant calot-couronne qu’il avait rabattu de côté. Il était blond et portait barbichette. Il n’eut pas l’air surpris de voir Blépaphore, là où Nocturne eût dû se tenir. Il présenta le Balbov. Le Balbov ressemblait furieusement à un radiateur de mobylette, mais en plus beau.
La foule déçue de l’absence d’événement notable, sortit lentement de la salle.
“  Allons au Musée de cire ! Dominique Yourmother nous y attend ! ”  urgea Dominique.

caleche

Fiacre en maraude devant le château de Diurne

Il héla un fiacre et indiqua au cocher l’adresse du Musée. .. Quelques minutes plus tard, le véhicule caballo-tracté s’immobilisa devant le Musée de Cire. Sur le petit bâtiment une immense pancarte indiquait “ Musée de Cire ” (ce qui était normal et rassurant).

A peine entrée dans le hall, Louise poussa un hurlement. Juste en face d’elle, dans une niche, elle vit une scène affreuse, tellement indescriptible, que je la décris pas.
Enfin si, un peu, quand même. Un type avec une couronne et une espèce de pourpoint rouille, les mains croisées sur les genoux, jetait un regard surpris en direction de Louise. Le type avait une pomme coincée entre les mâchoires.

chatiment pomme

Châtiment de Tyran

“  Ce n’est rien, la rassura Dominique, c’est juste la reconstitution du Châtiment de Tyran. Dominique le condamna à manger ce fruit sans les mains. Tyran s’énerva tellement qu’on dit qu’il devint fou . C’est Dominique Yourmother qui a façonné ce visage ! Il a du talent hein ? ”
Louise approuva en opinant du chef. Dominique s’engagea dans un couloir peu éclairé, ouvrit une porte : “ Entrez, Louise, je vais vous présenter Dominique ”.

Louise entra à la suite de Dominique. La salle était brillamment illuminée par des néons zonzonnants. Au centre se trouvait un grand établi, encombré d’outils variés, de pâtes étranges, de bocaux plein d’oeils ( là, j’ai réfléchi s’il fallait pas plutôt dire « plein de yeux », ou même « de-z-yeux », parce que dans le bocal y en a plusieurs, des yeux, mais ça sonnait pas bien) , oui donc, des yeux dans un bocal ( beaucoup), des perruques, du latex, des moules, une casserole de cire qui bouillonnait sur un réchaud,.

bocal yeux

(réalisé sans trucage)

Dominique (l’autre Dominique) était assis sur grand tabouret, il portait une blouse  maculée de substances diverses, il était blond tirant sur le roux, avait de jolis yeux verts, une splendide moustache, et des dents un peu longues implantées de la façon dite « à-la-galloise », il était occupé à planter des cheveux sur une figure de cire. Voyant entrer Dominique (pas lui, l’autre) il cessa son travail et se leva. Il leur offrit un large sourire puis s’étira le dos en faisant craquer ses genoux puis chacune de ses vertèbres .

«  Feukinn baste Har ‘d , je suis très play de te voir ! Hé Hé, mais tu es viens avec ton copine ! (observa-t-il finement) Est-ce que je peux m’introduire dans toi ? (s’adressa-t-il à Louise en roulant des yeux malicieux) Je suis Dominique (s’inclina-t-il en baisant la main de Louise). Assieds vers le bas, et tiens-toi toi-même à la maison ! »
Il fit deux grandes enjambées vers une armoire métallique où il fourragea quelques secondes. Il sembla trouver ce qu’il cherchait puisqu’il revint, tenant avec précaution une espèce de sac en tissu qu’il posa sur la table. Il alluma une pipe, dont le fourneau était sculpté et représentait le martyr de sainte Biaffine. Tirant sur la bouffarde, il désigna le paquet à Dominique (pas lui, l’autre). «  Tu es devant faire caution de ces choses, premier de toutes, ça craindre les fortes fièvres, et seconde, si par raté de chance ton plan était  échouant, nous risquons alors de  beaucoup d’ennuis ! » Il fallut à Louise plusieurs minutes pour identifier l’idiome utilisé par Dominique (pas le sien, l’autre), ça ressemblait un peu à du monte-alti de la branche slavonne, mais certaines tournures archaïques démentaient l’hypothèse, Louise pensa ensuite à du germano-sanskrit, puis à du gréco-mycénien du premier millénaire.
« Ptain, c’est du martin-vastais ! » Elle regarda Dominique (l’autre) avec respect et considération. Deux personnes au monde, à sa connaissance, savaient encore parler le martin-vastais, Louise se jura de revenir et d’en apprendre plus sur ce curieux Dominique (l’autre). Dominique et Dominique s’étreignirent en se donnant de grandes claques sur l’épaule puis se serrèrent la main, se tapotèrent l’épaule à nouveau.
Louise et Dominique ressortirent du Musée.
«  Je vais chez moi réparer la porte et mettre ceci en sûreté, en montrant le sac de tissu qu’il tenait sous le bras, expliqua Dominique. Donnons-nous rendez-vous devant la salle des Ris et Loisirs pour le concert, si vous le voulez. Disons à 15 heures devant le Palais de Diurne. Si vous avez faim, sachez qu’on sert du Proutch froid à la Brasserie de l’Hôtel,  mais si vous préférez il y a un vendeur de Pidza, dans le  Scromblich de l’hôtel… »
Sur le chemin du retour, Louise fit donc l’emplette de deux parts de pidza et fit cap vers l’hôtel en les dévorant, elle s’octroya ensuite trois cafés et douze clopes. Arrivée dans sa chambre, elle se demanda comment on devait s’habiller pour assister à un concert polyphilharmonique. Elle opta pour une tenue Man Rayenne.  Elle enfila un short-short noir, un boléro de Ravel très court,  se dessina deux ouïes de violon sur le ventre, enfila ses grandes cuissardes vernies et jeta sur ses épaules une espèce de cape noire. Croquant deux aspirines, elle dévala l’escalier, claquant les fesses du groom au passage.

(à suivre)

10 commentaires

  1. moocreflexion · mars 20, 2016

    A la lecture de cet épisode, je n’en crois pas mes yeux et les oreilles m’en tombent.

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  2. moocreflexion · mars 20, 2016

    A propos du pull jacquard, une petite précision : la laine beige clair référencée 7658 n’est disponible qu’uniquement (exclusivité mondiale) à l’échoppe monte-alti « Les moutons ne sont plus sous le lit » située rue du martyran. Si l’on ne peut s’y rendre, on ne peut pas se procurer la fameuse pelote particulière (non tantum la boutique ne fait aucune livraison par coursier sed etiam elle ne maitrise pas Internet et n’aura donc pas pris connaissance de votre commande). Mon astuce : je remplace le beige 7658 par la référence blanc foncé 0011 plus accessible.

    Aimé par 1 personne

  3. l'excédée · mars 21, 2016

    Par les saints cartilages ! J’ignorais le problème concernant la laine beige référencée 7658 ! (c’est une bonne idée d’utiliser le blanc foncé 0011, encore que le stock soit très très limité !) Je vais prévenir nos abonnés et modifier la page « fiche tricot » en conséquence ! Merci !
    La responsable du secteur  » tricot et macramé »

    Aimé par 1 personne

    • moocreflexion · mars 21, 2016

      Je remercie publiquement la Responsable du secteur « tricot et macramé » pour son professionnalisme. Je suggère de lancer une pétition pour qu’elle obtienne enfin son CDI (attendu depuis 5 ans déjà) aux motifs légitimes de sa conscience professionnelle et de sa maîtrise des techniques d’Internet.

      Aimé par 3 personnes

  4. l'excédée · mars 21, 2016

    (est-ce qu’il faut VRAIMENT que je me replonge dans les cours du MOOC saw, pour fabriquer un formulaire de pétition ?) (nan, pitié pas çaaaaaaaaaaa)

    J'aime

    • moocreflexion · mars 21, 2016

      Pas nécessaire : que ceux qui sont pour le CDI de la Responsable du secteur « tricot et macramé » cliquent sur « j’aime » du commentaire de la proposition. Ce que je vais faire de ce pas.

      J'aime

      • izabelleb · mars 23, 2016

        j’crois que j’suis devenue accro!!!! argh… comment vais-je faire pendant toutes ces vacances… J’ai donc liké la pétition aussi……………………………………………………………………… spount

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  5. patou45 · mars 21, 2016

    J’apprécie beaucoup les prénoms, moi qui d’ordinaire au 3ème chapitre, ne sait plus qui est qui, là pas de problème, j’arrive à suivre les personnages (en plus mon ex s’appelait Dominique, alors je ne me sens pas dépaysée, et j’arrive à me projeter dans l’histoire, enfin à mettre un visage sur un prénom Dominique, parce que pour Louise, j’en connais pas (de Louise) alors j’ai du mal à l’imaginer).
    Pour le tricot, merci, mais il n’y aurait pas la version Femme pour faire à son chéri ? et en taille 38, parce que le 38 c’est plus petit que le 42, et donc il faudra moins de laine et ça prendra moins de temps à réaliser, bien qu’on arrive aux beaux jours, sinon tu n’aurais pas un maillot de bain en laine avec l’éffigie de Dominique et Louise sur les seins ça pourrait faire un carton à Monté Alti ?

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    • l'excédée · mars 21, 2016

      Ben voyons, siiiiii, j’ai un maillot de bain en laine, pas de problème ! avec ou sans pompon ?

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  6. patou45 · mars 21, 2016

    Avec 2 pompons

    Aimé par 1 personne

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