Indien vaut mieux que deux thuloras (7)

ss

blason de la monarchie quaternaire

« que le jour commence, que le jour se termine
toujours il faut lire ce qu’a écrit Christine » (Racine, Alcide, acte V, scène 2)

Isabelle B. m’a conseillé de faire du rangement dans le blog. (Tout le monde a remarqué que ce site est totalement bordélique, que quatre personnes, seulement, ont compris où laisser leurs commentaires, que je retrouve un peu partout des lecteurs qui se sont perdus en essayant de s’abonner et qui errent tout déshydratés, à la limite de la lyophilisation, dans les pages d’un des menus sans pouvoir en sortir, je ne reviendrai pas sur ces pénibles détails…) Bref ce site fait ressembler le palais du Minotaure à un loft de 15 mètres carrés.

Isabelle B. a le sens pratique. Elle a compris qu’avec moi, fallait faire simple et pédagogique. Elle m’a envoyé un très joli tutoriel photo genre : « regarde, c’est hyperfastoche, y a une icône pour ça, là ! »

Bon. Okay, moi, cette icône que j’avais effleurée,  (une seule fois et d’une souris tremblotante) , je croyais qu’on ne devait s’en servir que si on arrivait en bas de la première page de l’article. (Pour moi, les choses ont un début et une fin, les pages ont un haut et un bas, je suis une fille simple). Grâce à Isabelle B. je viens de comprendre qu’il n’y a pas de fin aux articles. Grâce à Isabelle B. un infini de mots s’ouvre devant moi !

Euh, non, grâce à Isabelle B. ce blog va commencer à ressembler à un vrai blog !
Merci, Isabelle B. !

résumé: Louise et Dominique sont dans une grange( comme d’habitude,  mais là, c’est une autre grange)

Qu’est-ce que vous allez bien pouvoir fabriquer avec tout ça ? ” échota Dominique, provisoirement sorti des limbes.
“ Votre t-shirt est tout déchiré, remarqua Louise.
– Oui, c’est bizarre, en plus ils m’ont enlevé ma ceinture.
– J’vous en tricoterai une, tranquillisez-vous…passa-t-elle à autre chose. »
Mais soudain, elle s’interrompit, elle venait d’aviser un bristol plié en deux qui dépassait d’une fente entre les lames du plancher.
Consciente de l’état de son cerveau qui ressemblait de plus en plus à un kilo de pêches mûres, Louise se rua avec lenteur vers l’objet (« Louise ! festina lente ! »). Elle se pencha en avant pour ramasser le carton blanc. Cela eut trois effets simultanés mais contraires :
-Son cerveau se mit à glisser à grande vitesse vers le bas, allant percuter l’os frontal avec un bruit mou et dégoûtant (c’est du moins l’impression qu’elle eut) et sembla s’écraser définitivement contre l’avant de sa tête sans, cependant, réussir à sortir par les narines, les sinus faisant obstacle.
-Ses fesses opérèrent un mouvement ascendant complémentaire à la descente de la tête, qui eut pour effet de faire littéralement exploser la couture de l’arrière de sa jupe.
-Dominique, un instant surpris par la violence de la scène, fut, dans le même temps, secoué d’un fou rire et traversé par une idée salace.
Louise se redressa dignement. Elle pencha un peu la tête en arrière, histoire de se remettre le cerveau et les idées en place. De la main droite elle tenait le carton, de la gauche, elle essayait de refermer sa jupe ou, du moins, faisait en sorte que celle-ci ne lui tombât pas sur les chevilles.
Une fois ouvert, le bristol  s’avéra être une invitation rédigée en Monte-Alti médian, de l’époque Haskerbarz, ornée de  l’emblème de la monarchie quaternaire, * (pour les fanatiques, j’ai rajouté un paragraphe sur la page en question)  écartelé  de sinople et de gueules, meublé d’objets  sables ( symboles  de l’appétence des arts et techniques en Monte-Alto ). Quelques mots griffonnés d’une main hâtive et tremblotante, avaient été rajoutés en marge du texte.

bristolfin

Louise parcourut des yeux le bristol et le tendit à Dominique, en murmurant : “ Bah, avec ça mon neveu… ”
“ Quel jour sommes-nous, Dominique ?
– Le sixième de Gride de joyeuse Vendanges, mardi quoi…évidemment !
– Mais alors, le concert, c’est demain ! Il faut absolument que nous soyons présents, il faut agir, Dominique, m’entendez-vous ? s’agita-t-elle en tout sens (et accessoirement en secouant Dominique comme un prunier).
– En attendant d’agir demain, faudrait songer à calter aujourd’hui, suggéra Dominique sobrement, parce que les autres ne vont sans doute pas tarder à revenir… ”
Louise arpentait maintenant la grange en observant le sol. Le bristol blanc qu’ils avaient trouvé sortait bien de quelque part.
“  Dominique ! regardez, là ! une trappe, il y a une trappe ! aidez-moi à la soulever. ”
L’enthousiasme de Louise lui fit oublier son désastre vestimentaire. Lâchant l’arrière de la jupe, elle s’avança vivement vers Dominique. La jupe, se désolidarisant, alla s’entortiller autour des bottes, Louise vacilla, ses bras battirent l’air un court instant avant qu’elle n’aille se vautrer lamentablement sur le plancher.
“ Vous devriez l’enlever carrément. Elle vous gêne cette jupe ” suggéra Dominique, dans un élan parfaitement désintéressé en l’aidant gentiment à se relever. Louise, vexée, remonta son lambeau et s’emparant des vingt mètres de ficelle et se mit en devoir de se confectionner une ceinture doublée d’un ingénieux système de bretelles, ce qui la fit bientôt ressembler à un sergent chef déserteur des forces armées du Burkina-Faso.
“ Voilà, comme ça, ça tient ! pérora Louise.
– Peut-être que ça tient, mais on voit toujours votre culotte, je vous signale, ricana Dominique. C’est joli, ce violet comme ton.
– C’est pas violet, c’est lilas pourpre ! s’indigna Louise. Bon, on discutera chromatisme plus tard, il faut qu’on soulève cette trappe. Il faut qu’on se barre, qu’on calte, qu’on se trisse, qu’on mette les voiles, qu’on se casse, quoi ! Je veux absolument assister à la passation de pouvoir de ce soir pour voir qui va brandir l’emblème de Nocturne , je veux prendre un bain, m’habiller correctement, je veux de l’aspirine, une clope et un café ! Soulevons ! conclut-elle ”

Soulever n’était pas une mince affaire. Il y avait fort peu de prise, et la trappe semblait peser une demi-tonne, voire même cinq cents kilo. S’aidant de la faucille, glissée et plantée dans une fente, Louise tirait comme un âne, la trappe ne bougeait pas d’un millimètre.
S’échinant de la sorte pendant près d’un quart d’heure, Louise dut admettre qu’elle n’y arriverait pas. Elle était en rage. Dominique assistait à la scène sans bouger.
“  Ne venez surtout pas m’aider, hein, grogna-t-elle
– Je vous regardais, je réfléchissais et ça m’a donné une idée…
– Une seuuuuule ? ! ? répondit Louise outrée, mais…vous n’avez aucune imagination ! ”
Et Louise se remit à tirer comme une forcenée.
“   Ca ne sert à rien de tirer, Louise, reprit Dominique. Tenez je vais vous montrer. Ce qu’il faut c’est juste pousser ! ” Tout en disant ces mots, Dominique fit signe à Louise de se pousser, il alla se placer à l’extrémité opposée de la trappe, puis sautant brutalement, il disparut.
Le panneau avait en effet basculé, découvrant un passage, une volée de marche en pierre s’enfonçant dans les profondeurs. (Profondeurs dans lesquelles Dominique avait disparu. Louise l’imagina en vrac au bas de l’escalier)
“  Dominiiiiiiique, bêla-t-elle, ça va Dominiiiique ? ” compassa-t-elle un peu…

(à suivre)

*pour les fanatiques, j’ai rajouté un paragraphe consacré au blason sur la page MQA.

10 commentaires

  1. izabelleb · mars 11, 2016

    WAaaaaaouh !!! Ca c’est de la dédicace….. Il ne fallait pas 😉

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    • l'excédée · mars 11, 2016

      Si, si, il fallait ! nos vies viennent de changer ! la mienne et celle de Louise, la mienne et celles des courageux qui s’aventurent sur ces pages qui vont ENFIN savoir où ils sont ! MERCI ! (et bisous !)

      Aimé par 1 personne

  2. moocreflexion · mars 11, 2016

    Avant, il fallait cliquer sur le titre pour ajouter un commentaire OU cliquer sur j’aime pour voir apparaître le lien magique en bleu « comment on this ». Maintenant, il n’y a plus que la 2ème solution mais c’est très bien comme ça ! En effet, celui qui n’aime pas, ne pourra pas laisser de commentaires… et ça arrange tout le monde !
    Outre ces futiles considérations techniques, je réalise la richesse de ton labyrinthe dont la contruction est très bien pensée. Je reste fanatique de ta saga.

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    • l'excédée · mars 11, 2016

      Alors, si tu essaies de m’embrouiller avec ton alternative de la mort, je pense que c’est réussi! j’espère juste que tout le monde va comprendre quoi faire (cette fois, je renonce)…

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    • izabelleb · mars 12, 2016

      moi aussi!!!! j’attends avec impatience les nouveaux articles… même ceux sans histoire 😉
      Garde le fil de… qui déjà? mpfffff, (pas suivi le MOOC de Fantasy bien qu’adepte). Ah ça y est: d’Ariane.

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  3. moocreflexion · mars 11, 2016

    « Mais où Christine va-t’elle chercher tout ça » (Albert EINSTEIN [1879-1955], courant 1904 lors d’un cercle de discussion de l’Académie Olympia, juste avant son « annus mirabilis », année dans laquelle ces nombreux travaux ont aboutis à des théories complexes et encore vérifiées à ce jour).
    Pour Issac il a fallu une pomme, Albert a eu Christine (tout est relatif).
    Certains soutiennent la théorie de l’absurde énonçant pour principe que le C de la formule e=mc2 est un hommage d’Albert à Christine.

    Aimé par 1 personne

    • l'excédée · mars 11, 2016

      OUUUUUUUUuaaaaaaaaaaaah ! (et Léonard, il a pas dit un truc sur moi, Léonard ?)

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      • moocreflexion · mars 11, 2016

        Et Léonard devint scie !

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      • ColetteS · mars 13, 2016

        Si, si, Léonard a dit : « Savoir écouter, c’est posséder, outre le sien, le cerveau des autres. »
        Je suis sûre que t’as écouté pléthore de gens bien perchés pour nous tenir en haleine avec des aventures aussi acadabrantesques !
        J’a-do-re !
        … et j’attends la suite avec impatience 😉

        Aimé par 1 personne

        • l'excédée · mars 13, 2016

          La suite c’est demain, c’est demain, chouette, c’est demain !

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