Vous m’en remettrez une douzaine (6)

 » Quelle merveilleuse description de la psychologie humaine ! Christine est à la croisée des paradoxes, naviguant entre romantisme et réalisme, pudique sur sa vie privée, exubérante et passionnée lorsqu’il est question de littérature  » ( Gustave Flaubert).
 (Vous remarquerez que j’ai presque inventé la seule phrase courte jamais écrite par Gustave Flaubert.)

résumé: Louise et Dominique vont trouver Nocturne pour obtenir des informations. Comme quoi, ces héros de feuilletons sont vachement naïfs.

Episode 6 : vous m’en remettrez une douzaine

tuyegdbildef

Oh! Quel joli faux billet d’un million de Tuyegd !

Dominique revint précisément à cet instant et entreprit de calmer Nocturne. Après de longs conciliabules, interrompus seulement par quelques pauses d’assommage de gardes, il apparut que Nocturne ne leur serait d’aucune utilité pratique. En revanche, Louise et Dominique apprirent que selon toute probabilité, le Barondin devait se trouver dans le palais de Blépaphore, vraisemblablement dans le petit placard à gauche en entrant dans la chambre royale. Quant au Nicéphore, Diurne l’avait pris c’était sûr, mais Nocturne n’avait pas la moindre idée de l’endroit où il avait bien pu le mettre.

(Pour ceux qui pataugent toujours dans le marais de « la monarchie quaternaire » on clique ici. J’ai rajouté un joli tableau avec des photos.)
« Ben avec ça, mon coco, on est bien avancé » grinça Louise.
Dominique et Louise revinrent rue Platchik. Dominique déblaya un mètre cube de gravats pour entrer chez lui, arracha le plateau de la table qu’il transforma habilement en porte en douze minutes de travail intensif. Quatre coups de scie et cent vingt clous furent néanmoins nécessaires à la réalisation de ce chef d’œuvre d’art brut. Louise en était baba mais suffisamment lucide pour s’occuper utilement pendant cette séance de menuiserie : elle se prépara un café grâce à un sachet d’instantané habilement dissimulé dans l’ourlet de sa jupe, fuma une clope et  repassa une couche de vernis sur l’ongle de son index gauche.
N’ayant plus rien à faire, Louise regarda Dominique. Jusqu’à maintenant elle l’avait vu inconscient, évanoui, la tête dans le foin ou dans le pare-brise d’un taxi, sanguinolent ou couvert de sparadrap.Un hymne à l’arnica.
Louise le regarda d’un œil intéressé, vivement intéressé même, et finalement, légèrement concupiscent. Elle le trouvait rapiécé, certes, mais fort agréable à l’œil. Le regard de Louise devint un peu glauque puis rêveur.
« Au fait, je voulais vous demander… Quel jour sommes-nous demain ? » coassa Louise d’un air bête.
 » Vous voulez un thé ?  » renchérit-elle vraiment sottement.
Dominique en lâcha le marteau qui vint lui fracasser le tarse gauche. Remis de son étonnement et de sa douleur, il rangea son matériel et se dirigea vers la cuisine.
 » Demain, nous sommes le sixième de Gride, mardi quoi… C’est donc Blépaphore qui prendra le pouvoir à six heures (locales). Lapsang ? Souchong ?
– Vous n’avez pas d’Arabica, par hasard ? hasarda Louise. Dites… Où doit avoir lieu la prise de pouvoir ? Parce qu’on pourrait peut-être en profiter pour récupérer le Nicéphore.
– Louise, je vous arrête tout de suite. Le Nicéphore est un emblème sacré, seul un roi peut y toucher. Tout ce que nous pouvons faire est de nous assurer qu’il est bien en possession de Blépaphore. Le toucher serait sacrilège. Au Monte-Alto, on ne rigole pas avec les choses sacrées. Savez-vous à quoi s’exposerait le coupable ? Non ? Vous ne savez pas ? Eh bien, continuez à ne pas le savoir. »
Louise trempa poliment les lèvres dans la tasse de thé que Dominique lui avait remplie. Le thé n’avait pas du tout un goût de café. Ni même un arrière goût.
– Et Diurne, où est Diurne pendant ce temps-là ? s’enquit-elle en tentant d’y comprendre quelque chose.
– Diurne va où il veut, il ne reprendra son règne qu’heptamμera matin*… euh…mercredi matin. Je vous ressers ?
– Non merci, s’excusa Louise. Dites, ils sont mariés tous ces rois-là ?
– Non, ça leur est même interdit. Parce que comprenez-vous, s’ils étaient mariés, ils auraient des enfants, et alors, peut-être seraient-ils tentés de faire succéder leur progéniture. Or, c’est tout ce que nous voulons éviter. Nous tenons absolument à notre système aléatoire. Vous pouvez donc tout de suite abandonner l’idée que vous venez d’avoir.
Louise referma la bouche.
Bien lui en prit, puisque c’est à ce moment précis que la porte explosa et que quatre hommes encagoulés firent irruption dans la pièce.

(à suivre)

(*) Ah, tiens ! j’viens de faire une page spéciale « calendrier » ! (au cas où cela vous aurait échappé !)
Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas obligés de la lire (quoique pour les anciens du MOOC, c’est vivement recommandé !) c’est juste pour ME faire plaisir : j’aime faire des trucs qui ne servent à rien mais qui m’occupent, gentiment, une bonne dizaine d’heures…

 

 

2 commentaires

  1. moocreflexion · mars 5, 2016

    Je confirme vouloir le numéro spécial 6bis.

    J'aime

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