Cette obscure clarté…(5)

« Quand on lit et relit les textes de Christine,
Devant ses inventions, souvent on hallucine. » (Pierre Corneille )

On m’a très gentiment signalé que mon splendide formulaire d’inscription renvoyait à une error 404 : j’ai envie de mourir. (Au brouillon et dans « aperçu » ça marchait. J’avais pris la précaution de m’inscrire moi-même et j’avais reçu mon auto-mail d’auto-inscription. Pourquoi le sort s’acharne-t-il à mettre en exergue mes incompétences (notoires) ?)

résumé : c’est vraiment le souk cette histoire.
Bon mais,enfin, en gros, Louise et Dominique ont été enlevés, ils s’évadent.

La grange crépitait gaiement. La poule, en revanche, expectora un gloussement de mécontentement. Louise et Dominique dévalèrent une pente avant de s’aplatir à l’abri d’un buisson de Frangipane : les hommes de Blépaphore revenaient en courant. S’agitant mollement dans presque tous les sens, ceux-ci cherchèrent frénétiquement de quoi éteindre l’incendie pendant deux minutes quarante-cinq, avant d’abandonner leurs proies pour l’ombre d’une bouteille de Gutha.
Louise et Dominique clopinèrent jusqu’à la route. Comme par hasard, un taxi passait par-là. Hélée avec un vif enthousiasme, l’automobile mercenaire réussit un splendide tête-à-queue, puis s’immobilisa. S’engouffrant comme un seul homme dans le véhicule, Dominique et Louise s’affalèrent sur la banquette. « Chauffeur ! A la capitale !  » brama Dominique.  » A l’ Hôtel de la Grande Passe ! » compléta Louise.
Louise, prévoyante, avait en effet déposé à l’hôtel ses quelques effets et sa pharmacie personnelle. Sa tenue laissant à désirer, Louise émit le désir de changer de pantalon. Une aspirine serait aussi la bienvenue : elle avait la tête comme un caisson hyperbare. Louise jeta le mégot de son cigare par la fenêtre et s’abîma dans la contemplation de son auriculaire gauche. Dominique, quant à lui, s’évanouit à nouveau. Ce type n’avait aucune tenue…
Le taxi dut déployer toute la force de ses rétrofusées pour ne pas emboutir l’entrée principale de l’Hôtel de La Grande Passe. Dominique, d’un ordinaire taquin, en profita pour aller heurter le pare-brise de plein fouet et s’entailler profondément le front, (je ne m’appesantirai pas plus longuement sur le choc en retour et la lésion des cervicales, commune, certes, encore que parfaitement insupportable).

Louise gicla de la tire, et se rua dans sa chambre. Enfin, plus exactement : s’extirpa du tacot, se déplia les lombaires, rampa sur le perron et demanda sa clef d’une voix éteinte. Là, un choix crucial l’écartela. Café ? clope ? aspirine ? Allez, clope-aspirine-café ! Louise s’assit trente secondes sur le bord du lit, tirant avec délice sur une clope de fabrication locale, en regardant de dissoudre avec force pétillements six cachets qui ne manquaient pas d’air. Un toc-tocage discret sur la lourde de sa piaule la fit sortir de sa contemplation extatique.
Après y voir été invité, un groom revêtu d’un costume traditionnel, fit son apparition, porteur d’une cafetière fumante dont la contenance approximative devait approcher les deux litres. Louise remercia vivement le garçon d’une tape encourageante sur l’arrière-train. Le groom rosissant disparut dans le couloir en faisant tinter les grelots de son béret.
Deux litres de café et cinq clopes plus tard, Louise était à nouveau propre, lavée et pomponnée. Elle avait revêtu une minijupe verte à traîne, un maillot des Laker’s et chaussé des bottes en caoutchouc mousse qui, certes, lui épaississaient la cheville, mais lui tenaient chaud aux pieds. Dominique ne revenait pas de la clinique, où le chauffeur de taxi l’avait emmené, moyennant la réfection complète de la moquette intérieure de son tacot.
 » Punaise, déjà quinze heures ? ! Mais…Ça n’avance pas cette histoire ! » soupira Louise.

poupee louise

Toi aussi, habille-toi comme Louise !

Dominique, le front délicieusement ravaudé, fit une triomphale apparition dans le hall de l’hôtel où Louise l’attendait en feuilletant les nouvelles du mois dans les deux pages du mensuel « Monte-alti Plag ». C’était un numéro spécial cuisine. Louise en avait mal au cœur. Aussi engueula-t-elle Dominique qui se contenta de hausser les épaules en prenant garde, toutefois, de ne pas se froisser le grand deltoïde.
« Il faut que nous allions trouver Nocturne, c’est un type charmant. Je suis sûr qu’il acceptera de nous aider à récupérer le Nicéphore, il n’a jamais blairé Diurne. De toute façon, il n’a plus rien à perdre, Blepaphore lui a dérobé le Barondin… On peut aisément le convaincre. » asséna Dominique d’un air entendu.

Explications on ne peut plus claires, n’est-ce pas ?
Je ne vais pas vous forcer à relire, je vais vous insérer un petit tableau.
D’abord, par flemme, je vais tenter un bête copié/collé.

Si ça marche pas, je vais ressortir les PDF « tableaux avancés » de la torride mme Géraldine Del Mondo. (blague interne à l’usage des MOOCqueurs « saw »). J’avoue avoir (un peu) oublié les finesses des tr, des th, voire tout ce qui concerne les thead.
( Ne ricanez pas)

Donc :
roi
Blépaphore
Diurne
Nocturne
Verduret
emblème….

Ah, tiens, effectivement, le copié/collé ne marche pas. (mme Del Mundo avait donc raison…). A moi le PDF ! Et hop !

 

Pour s’y retrouver
roi Blépaphore Diurne Nocturne Verduret
emblème Miklar Balbov Barondin Nicéphore
période le mardi et les deuxièmes et quatrièmes samedis des mois impairs (mais pas la nuit) pendant la journée, mais pas le mardi, ni pendant les vacances la nuit, mais pas pendant les vacances ni le mardi, ni les deuxièmes et quatrièmes samedis des mois impairs pendant les vacances, mais pas la nuit, ni les deuxièmes et quatrièmes samedis des mois impairs

Merci, madame Del Mundooooooooooooooooooooooooooooooooooo !

 

Reprenons :
« on peut aisément le convaincre ! » asséna Dominique d’un air entendu. En fait, ce ne fut pas aisé du tout. Tout d’abord, il fallut le trouver…
A quinze heures trente (heure locale) Nocturne était en train de dormir, quelque part dans son palais. Trouver le palais fut assez simple.
C’était une construction baroque et marmoréenne, hérissée de tourelles, qui s’élevait au sommet d’une colline dans la partie boisée des jardins du Palais Royal. Dominique soudoya les gardes qui les laissèrent entrer pour la modique somme de deux millions d’anciens tuyegds. Louise se livra à la danse des sept voiles pour amadouer la cohorte suivante. Ils assommèrent les derniers et les plus récalcitrants.
Puis ils entrèrent dans la chambre de Nocturne. Des néons zonzonnaient, il y faisait plus jour que jour. Louise marqua son étonnement. (Enfin, elle ne le marqua pas pour de vrai, elle n’avait pas de burin à portée de main…)
« C’est la règle des Nocturnes, chuchota Dominique, il en est toujours ainsi. Comme ils vivent la nuit, ils ne doivent dormir qu’en plein jour »
Comme pour appuyer les dires de Dominique, Nocturne se mit à ronfler. Jusque là, tout était normal.
Le réveiller ne fut pas une mince affaire. On était en plein milieu du jour. Dominique alla fermer les rideaux et éteignit les lumières. Nocturne, abusé, commença à remuer un peu puis souleva une paupière. Qu’il rebaissa aussitôt. Deux quarts d’heure se transformèrent en une demi-heure. Dominique partit réassommer les gardes. Louise resta au chevet du bel au bois dormant. N’y tenant plus, elle le secoua vivement, lui enfourna les doigts dans les orbites puis étira les paupières vers le haut.
« Oh, votre majesté, faut vous réveiller, hein, c’est pas en roupillant comme Job sur son tas de lentilles, que vous allez récupérer votre royauté ! » résuma-t-elle dans les nocturnes pavillons.
Nocturne papillota des yeux, éberlué, et se dressa sur ce qu’il est habituel de nommer son séant quand on s’exprime bien. ( Il existe une terminologie toute autre pour cette partie de l’individu, mais j’ai choisi d’éviter toute expression triviale dans cet ouvrage. De la tenue, que diantre !)
Nocturne appartenait à la catégorie « bel homme ». C’est à dire qu’il était trop massif, trop grand, trop carminé. Nocturne était épais. Epais et désemparé. Nocturne, avant de le devenir, était patron des Garde-Meubles Généraux, d’où son épaisseur. Lorsque son nom avait été tiré de la Grande Urne, il y a de cela trois ans, il avait abandonné son entrepôt pour endosser son habit de roi et recevoir le Barondin. Depuis, il menait des nuits paisibles, poursuivant les soubrettes dans les couloirs du palais, jouant au rami avec ses gardes. Il ne se passait pas grand’chose, la nuit, au Monte-Alto… Une coupure de courant, et de temps en temps, une bagarre de chiens. Il ne se passait tellement rien que Diurne en avait profité pour lui faucher son emblème.
Réveillé, Nocturne découvrit Louise à son chevet et se mit à hurler à la garde.

(à suivre)

4 commentaires

  1. figueline · mars 3, 2016

    De la lecture en perspective. J’ai loupé pas mal d’épisodes !!!!

    J'aime

    • l'excédée · mars 3, 2016

      Voilà ! Encore une qui ne s’est pas abonnée ! Tssss
      Bon allez, c’est pardonné (pour cette fois !)
      smouicks,
      Christine

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  2. moocreflexion · mars 3, 2016

    Je n’ai pas eu droit à la 404 (ni celle née sous le signe du lion, ni celle de la marque Error).
    J’ai bien reçu le mail de cet épisode. Est-ce par mon abonnement au blog, ou est-ce par la magie de l’inscription au feulleton ? Affaire à suivre !
    J’ai essayé la tenue de Louise… pour te faire plaisir. Sur moi, c’est vraiment pas une réussite. Mes jambes ne voyant jamais le soleil (sauf dans la nuit du 14 au 15 juillet) supportent mal le vert (trop de contraste dissonant)… Mon teint blafard n’admet pas non plus l’ocre jaune brûnatre du superbe T-Shirt des Laker’s (les camaïeux sans vivacité, ni lumière sont bien trop tristes, moribond, voire morbide).
    J’attends avec impatience la suite de la saga. C’est royal. Eclat de rire à chaque apparté.

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  3. l'excédée · mars 3, 2016

    L’error 404 est réservée à ceux qui s’inscrivent à l’épisode 6 bis hors série, je crois. En fait, je reçois bien leur inscription (mais eux reçoivent un message d’erreur) kasslann’ tienne, j’essaierai de me replonger dans les cours de nicolas delestre un jour de pluie . (peut-être) bises!

    Aimé par 1 personne

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