Un dimanche à la campagne (4)

la poule

Une poule sur un mur…

(Je sais qu’il y a des cinéphiles avertis parmi vous…alors ? question blanche posée par Mme Fontvieille de Saint-Lô, qui est le réalisateur du film « un dimanche à la campagne » ?)

Pendant que j’aparte, je vous préviens que je rigole pas : si vous ne vous inscrivez pas pour recevoir l’épisode 6 bis hors série, je ne vous l’enverrai pas. C’est pas des menaces en l’air, hein…Là, du coup, je fais un essai html de la mort (c’est vrai quoi, j’ai fait un MOOC pour être « actrice du web » oui ou non ?)

( si vous lisez cet article « via » le mail ça n’apparaît pas !)

épisode 4 : un dimanche à la campagne

Résumé: Louise se rend rue Platchik, c’est pas facile.
(« Servanda christina est ! » Caton l’Ancien)
L’individu était pourvu d’une tête. La tête souriait aimablement, bien qu’affichant une expression un peu sarcastique.
« Je vous attendais avec impatience. Vous n’avez pas eu trop de mal à trouver ? » s’enquit le releveur.
( Non, penses-tu, ça fait trois heures que je me cogne toutes les ruelles de Monte-Alto, je me tape un apéro ignoble avec un vieux schnoque sourdingue, je m’écornifle les doigts sur les portes palières, et en plus je me bousille le pantalon et le genou, et tu me demandes si j’ai eu du mal ?)

« Pas du tout. J’ai juste un peu traîné en route.
– Venez, ne restons pas ici. Entrez, j’ai préparé un peu de thé.
– Vous n’avez pas plutôt du café ? »
( Par les Saints Cartilages, qu’est ce que c’est que cette Golzri que Dominique R.D.M. m’envoie ? Elle est même pas fichue de monter un escalier sans s’abîmer le museau. Elle empeste la Gutha. Elle boit du café et je suis sûr qu’elle fume comme un sapeur.)

«Je peux fumer ?
(Tiens, qu’est-ce que je disais…)
(S’il répond non, je me lève, et je pars.)
– Oui, bien sûr.
( Impolie, tsss)
(Pisse-froid)
( Trop maquillée)
( Phallocrate)
( Elle se croit belle en plus)
( Y’se prend pour qui ?)
– Un sucre ou deux ?
– Deux, merci infiniment.»
( Elle devrait se surveiller, évidemment pour l’instant ça va, mais vers quarante ans, elle va grossir.)
( Qu’est-ce qu’il a à me regarder comme ça, il veut ma photo ? )
En fait, ils n’eurent pas le temps de faire plus amplement connaissance. Au moment précis où Louise portait la tasse à ses lèvres, la porte explosa. Louise lâcha sa tasse et se brûla la cuisse au deuxième degré. Avant qu’elle puisse pousser le moindre cri, elle fut bâillonnée, cagoulée puis traînée sur le palier, puis sur chaque marche de chaque étage. Enfin, elle fut balancée sans aucun ménagement dans ce qui pouvait être une charrette à bras ou un cabriolet coupé sport à capote amovible en pur Skaï, avec tétraèdres en X.
Le crâne de Louise était, de toute façon, tout cabossé, elle ressentait une certaine lourdeur au niveau de l’occiput et elle avait du mal à évaluer la cylindrée du carrosse dans lequel on l’avait balancée.

Quand elle put à nouveau tenter une amorce d’activité neurale, ce fut pour constater qu’elle avait le fondement posé sur un objet pouvant entrer dans la catégorie des chaises et tabourets. On lui avait laissé son bâillon, mais on lui avait ôté la cagoule et lié les mains dans le dos.
En face d’elle se tenaient cinq hommes. En fait, c’est une façon de parler, ils ne se tenaient pas vraiment. Enfin, pas à première vue. Ou alors, ils s’étaient tenus un autre jour. Parce que là, tout de suite, non, ils avaient tous les mains dans les poches, sauf un, qui se curait les ongles. Et donc, il ne se passait strictement rien. Le silence était un peu pesant.
Tout le monde attendait sans trop se regarder.
L’attente se prolongeant, on continua à attendre. Louise en profita pour observer les lieux, dans la limite de son champ visuel évidemment, car elle sentait bien qu’au premier mouvement, son cerveau allait se décrocher et rouler dans la paille. Donc, juste devant, Louise voyait son nez, un peu gonflé. Devant le nez, il y avait ce qui pouvait ressembler au mur d’une remise ou d’une grange avec une jolie petite lucarne à travers laquelle on découvrait un morceau de campagne verdâtre et emmoutonnée. C’était très bucolique.

A sa droite, Louise put distinguer une porte fermée, deux râteaux et une brouette, une poule sur un mur qui picorait du pain dur, ainsi que Dominique qui gisait la tête enfouie dans le fourrage.
Il devait être inconscient, car n’importe quel être humain en bon état aurait tout fait pour changer de position. Vers la gauche, Louise ne voyait rien à cause de son œil qui était partiellement fermé par un œdème douloureux quoique bénin.

Comme elle n’avait plus rien à faire, Louise commença s’agiter. Trente secondes plus tard, elle décida que ça commençait à suffire ce carnaval. Elle brama à travers son bâillon qu’elle voulait une clope, un café et un tube d’aspirine et que ça commençait à bien faire, non mais, qu’est-ce que c’est que cette façon de traiter les dames. Son long meuglement revendicatif provoqua un certain remous dans l’assistance.
Se rappelant sans doute un rendez-vous extrêmement urgent ou pris d’une subite et collective envie de pisser, les cinq encagoulés sortirent en vrac et sans un mot. Louise en profita pour latter discrètement la jambe gauche de Dominique. Celui-ci resta sur sa réserve et se tint coi, ce qui eut le don de profondément énerver Louise qui multiplia les coups de pieds proportionnellement à son énervement. Ce traitement énergique et appliqué donna un résultat inattendu : Dominique se dressa et après quelques embardées lui claqua la joue droite d’une main sèche. Dominique était, en effet, gaucher de naissance et, de plus, il détestait se faire satonner.

Ayant fait le tour de la grange, appliqué son œil sur la serrure et admiré le paysage à travers la lucarne, Dominique condescendit à détacher les mains de Louise, il ôta aussi prudemment le bâillon, puis lui plaqua immédiatement la main sur la bouche afin d’éviter récriminations et hurlements indignés. Engageant immédiatement un dialogue en langage gestuel international (intranscriptible ici), Dominique expliqua à Louise qu’il fallait partir parce que les hommes de l’infâme Blépaphore -car de toute évidence*, c’était à coup sûr Blépaphore qui avait commandité l’enlèvement- allaient sans doute revenir incessamment et qu’il avait eu sa dose pour aujourd’hui.

*( quand j’écris « de toute évidence » c’est une figure de style. J’ai bien conscience qu’un lecteur moyen doit avoir un peu de mal à se retrouver dans ce.. dans ce »truc »… faites comme si vous vous y retrouviez, ne me faites pas de la peine inutilement.)

Pendant ce rapide exposé, Louise n’était pas restée inactive : elle avait haché menu quelques tiges de nigella sativa, deux ou trois fleurs de matricaria recutita, finement pilé trois gousses de medicago orbicularis puis roulé le tout dans une feuille de maïs simplex préalablement lissée. Elle maniait maintenant avec énergie une pierre à aiguiser qu’elle faisait coulisser sur une enclume. De joyeuses étincelles s’échappant en tout sens, Louise put bientôt tirer sur son cigare homéopathique et mettre le feu à la grange. Louise s’adressant à Dominique, frappa à deux reprises son poignet gauche du tranchant de la main droite, ce qui en langage sourd-muet signifie : « on se casse ». Et c’est ce qu’ils firent.

cigarette homeo

( à suivre)

2 commentaires

  1. Mesper · mars 1, 2016

    erreur 404 au formulaire. Encore un petit coup de Mooc?

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  2. l'excédée · mars 1, 2016

    mon coeur est brisé !

    J'aime

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